Rencontre avec un membre du gouvernement

 

Visite en Charente d'Adrien TAQUET, Secrétaire d'Etat à la Protection de l'Enfance, vendredi 26 février 2021.

L'APLB a participé aux différents temps d'échanges organisés pour cette journée.

Invitée par la CAF pour une 1ère rencontre le matin, l'après-midi c'est le Conseil Départemental de Charente qui nous a convié pour participer à une table ronde.
C'est un Ministre à l'écoute et dans l'échange que nous avons rencontré et ce fut également pour nous aussi l'occasion de lui adresser un message pour la défense et la revalorisation de notre secteur. (Voir ci-dessous le détail du courrier remis à Adrien TAQUET, courrier co-signé par jean-Marie LAURENT et Emmanuel TROUCELIER, respectivement Président et Directeur Général de l'APLB.)

Table ronde organisée par le Conseil Départemental avec Adrien TAQUET, secrétaire d'Etat à la Protection de l'Enfance (photo : 4ème en partant de la droite)

Avec la participation de David FAURE, Directeur de la Maison Jean-Baptiste, tout en haut à gauche sur la photo

"Monsieur le Ministre,

Nous vous remercions pour les échanges de ce jour avec différents membres de notre association, ce matin dans le cadre d'un Point rencontre pour lequel nous sommes engagés et cet après-midi sur la Protection de l'Enfance, cœur d'activité de notre association.

L'APLB travaille en étroite collaboration avec ses différents financeurs, et s'il est important de noter que ces relations sont positives et constructives, nous trouvons cependant que le secteur de la Protection de l'Enfance manque d'une réelle reconnaissance et à ce titre nous nous sentons comme les oubliés du système. Il est urgent que ce secteur bénéficie d'un cadre minimum commun, sous l'impulsion des services de l'Etat afin de réduire les inégalités et les différences de traitement.

La crise sanitaire l'a encore démontré, nous avons le sentiment d'avoir été exclus des différents protocoles, ou bien pris en compte que très tardivement :

  • En ce qui concerne le maintien de l'activité (Ex : Garde d'enfants réservée aux personnels de santé et du médico-social dans un 1er temps ou de façon différente d'un département à un autre)
  • Dans l'absence de masques pour les professionnels en mars, alors que nous en avions sur le médico-social qui lui n'accueillait plus en présentiel. (A l'APLB nous avions des maques à l'ITEP et au SESSAD et pas dans nos MECS)
  • Dans nos Maisons d'Enfants à Caractère Social, l'ensemble des enfants accompagnés était à temps plein et bien souvent dans des conditions de droits de visites et d'hébergements plus strictes. (Modifications de ces droits au regard de la crise et du confinement), sans accès à l'école, sans matériel ou connexions suffisantes pour suivre la scolarité à distance.

Les Départements étaient à nos côtés, mais nous ne pouvons que constater que notre secteur n'est pas reconnu à la hauteur de son engagement et de son action et que l'exigence d'une mobilisation pleine et entière de l'Etat et des collectivités locales que vous appeliez de vos vœux dans votre lettre à Monsieur Le Président de l'Assemblée Nationale le 23 avril 2020 n'a pas eu l'effet escompté sur les acteurs qui œuvrent au quotidien pour la Protection de l'Enfance.

Comme vous le savez, nous sommes également en grandes difficultés en ce qui concerne le recrutement de nouveaux professionnels, quelles que soient les régions et à ce titre il est urgent que l'Etat nous aide à engager une véritable action sur l'attractivité et la valorisation des métiers du social. Aujourd'hui, les amplitudes de travail, l'organisation plus générale de nos établissements qui pour mémoire sont ouverts 24h/24h, 7j/7j, 365 jours par an, nécessitent un fort investissement et un véritable engagement de chaque professionnel. Le niveau de rémunération n'est pas à la hauteur de l'exercice professionnel et, comme vous l'avez annoncé dans la stratégie nationale de prévention et protection de l'enfance 2020-2022 sur le sujet de la formation des professionnels « il apparaît indispensable d'offrir des conditions de travail satisfaisantes aux professionnels exerçant dans le social » (nous avons des grilles indiciaires en CCN66 inférieures au SMIC à ce jour).

La gestion de l'accès ou non à la prime Covid nous est apparue relativement difficile alors que notre secteur aurait dû bénéficier des mêmes engagements de l'Etat sur ce sujet. En effet, si un certain nombre de départements ont joué le jeu, notre association, qui intervient sur cinq départements, a reçu des réponses relativement différentes sur ce projet de la part de chaque financeur. En qualité d'employeur, nous avons une obligation d'équité entre chaque salarié sur ce type de mesure et devons attribuer le même montant à chacun. C'est donc un engagement associatif important qu'il nous a fallu acter dans une situation qui aurait pu être encadrée à minima par une décision du gouvernement pour garantir une juste valorisation de la mobilisation et l'engagement d'une grande majorité de nos professionnels tout au long de ces premiers mois de crise sanitaire.

Enfin, La Protection de l'Enfance est également absente du Ségur de la santé pourtant nous pourrions imaginer que les métiers de l'accompagnement, du lien social et ceux du soin puissent être associés dans un système de prévention et de protection qui doit concourir ensemble, avec une certaine équité de traitement, à l'accompagnement des plus fragiles.

Résolument optimistes, nous vous adressons cette liste non exhaustive de sujets que nous souhaiterions voir évoluer à l'avenir non pas pour marquer le manque mais pour vous faire savoir combien nous sommes déterminés à vous soutenir sur le changement de gouvernance que vous avez vous-même amorcé lors de la présentation de la nouvelle stratégie nationale en octobre 2019 à Marcq en Baroeul.

Nous vous remercions pour ces différents échanges sur notre territoire et restons à votre disposition pour échanger avec vous sur ces sujets."